LVMH acquiert une participation minoritaire dans La Joux-Perret pour sécuriser ses approvisionnements en mouvements suisses

En s’invitant au capital de La Joux-Perret, LVMH ne se contente pas d’investir dans une manufacture suisse : il consolide sa stratégie industrielle dans un secteur sous tension, où l’accès aux mouvements devient un levier de souveraineté horlogère.

Publié le
Lecture : 3 min
Manufacture La Joux-Perret
Manufacture La Joux-Perret - © Hodinkee

LVMH renforce son autonomie industrielle en prenant une participation minoritaire dans le fabricant suisse de mouvements La Joux-Perret, détenu par le groupe japonais Citizen. Cette opération marque une nouvelle étape dans la stratégie de verticalisation du géant du luxe. Elle s’inscrit dans un contexte où les grands groupes cherchent à maîtriser davantage leur chaîne de production horlogère, face à une concurrence soutenue et à une évolution des technologies de mouvement.

Une stratégie industrielle renforcée dans un marché en recomposition

Le groupe LVMH a annoncé l’acquisition d’une participation minoritaire dans La Joux-Perret (LJP), manufacture horlogère située à La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Cette opération, conclue avec le Citizen Group, s’inscrit dans une dynamique de consolidation de l’industrie horlogère, et vise à sécuriser l’accès à des mouvements mécaniques et solaires pour ses marques horlogères comme Tag Heuer, Hublot, Zenith, ainsi que les maisons joaillières Bvlgari et Tiffany & Co.

Les termes exacts de la transaction n’ont pas été rendus publics, mais cet investissement confère à LVMH une position d’influence stratégique, notamment en cas de cession future d’actifs par Citizen.

Un acteur technique reconnu dans le mouvement suisse

La Joux-Perret produit environ 150 000 mouvements par an, incluant des calibres standards comme le G100, des chronographes à roue à colonnes comme le L100, ainsi que des complications haut de gamme telles que les tourbillons et chronographes monopoussoirs.

TAG Heuer Aquaracer Solargraph
Aquaracer Solargraph – © TAG Heuer

La manufacture est également à l’origine du mouvement Solargraph, développé en partenariat avec Tag Heuer. Cette technologie à recharge lumineuse permet un fonctionnement sans changement de pile, avec une autonomie allant jusqu’à six mois après moins de 20 heures d’exposition au soleil. Elle alimente notamment les nouvelles versions de l’Aquaracer et du Tag Heuer Formula 1, relancé dans le cadre du partenariat avec la Formule 1 dont LVMH est désormais sponsor principal.

TAG Heuer Formula 1 Solargraph
Formula 1 Solargraph – © TAG Heuer

Une compétition intense dans l’accès aux mouvements suisses

LJP évolue dans un secteur stratégique dominé par quelques grands noms : ETA (Swatch Group), Sellita, et Kenissi, ce dernier étant détenu majoritairement par Tudor (Rolex) avec Chanel comme actionnaire. LVMH s’était récemment intéressé à Vaucher Manufacture, propriété de la Fondation Sandoz, mais le processus de vente a été interrompu. Hermès détient 20 % de Vaucher et bénéficie d’un droit de préemption en cas de cession.

Malgré cette acquisition, Citizen a précisé que La Joux-Perret continuerait à fonctionner de manière indépendante, tout en maintenant ses livraisons vers des tiers, en dehors des groupes Citizen et LVMH.

Un enjeu d’autonomie face aux leaders du secteur

Le pôle horloger de LVMH, dirigé par Jean-Christophe Babin (Bulgari), représente un acteur majeur du secteur, même s’il reste derrière Richemont, Swatch Group et Rolex en volume et en chiffre d’affaires.

L’intégration partielle de LJP renforce l’objectif de LVMH de disposer de capacités internes robustes, notamment dans les technologies solaires, et de maîtriser la chaîne de valeur horlogère. Du côté de Citizen, le PDG Yoshitaka Oji évoque une « alliance stratégique » ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de développement.

Laisser un commentaire

Share to...